Les contrats de recherche de l’Équipe 2 : BEST

Biodiversité, environnements, sociétés, territoires

 

Contrats internationaux (hors Europe) en tant que porteur

IBIS – Intégration, biodiversité et socio-écologie dans l’utilisation des sols des territoires amazoniens et caribéens, CAPES-COFECUB – Coordination pour le perfectionnement du personnel de l’enseignement supérieur & Comité français d’évaluation de la coopération universitaire et scientifique avec le Brésil, 2018-2021.

L’interventionnisme supra-territorial est récurrent dans les espaces brésiliens de l’Amazonie. Il est à l’origine de tensions politiques et sociales, dont l’une des conséquences majeures est la dégradation de l’environnement et la violation des droits de l’homme. Le partage d’expériences entre des chercheurs brésiliens et français est une opportunité pour nourrir la réflexion sur les politiques publiques pour l’Amazonie brésilienne à différentes échelles et pour contribuer à les faire évoluer. En parallèle, l’un des enjeux de la pratique de la recherche interdisciplinaire au CNRS est de favoriser des espaces de dialogue entre des disciplines des SHS (Sciences Humaines et Sociales), des SVE (Sciences du Vivant et de l’Environnement) et des ST (Sciences et Techniques), par la co-construction de thématiques de recherches qui répondent aux enjeux de l’internationalisation de la recherche française. Le projet IBIS a ainsi pour objectif d’approfondir la coopération entre les chercheurs brésiliens et français en structurant les équipes en un réseau pluridisciplinaire, dédié à la formation d’experts capables de proposer des dispositifs de planification croisant des connaissances urbaines et agroenvironnementales. Pour ce faire, le projet s’appuie sur l’étude de cas emblématiques en Amazonie, à la lumière des expériences et de la technicité développée en France, et plus singulièrement en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique. Il résulte de la signature d’une convention entre l’Université fédérale du Pará (UFPA), le Centre universitaire de l’État du Pará (CESUPA), l’Université des Antilles et le CNRS, pour la constitution du réseau de recherche franco-brésilien JAMBU-RNP (Jonction AMazonian Biodiversity Units Research Networking Program).

 

Autres contrats européens en tant que partenaire 

SOCLIMPACT – Downscaling climate impacts and decarbonisation pathways in EU islands, and enhancing socioeconomic and non-market evaluation of climate change for Europe, for 2050 and Beyond, European Union’s Horizon 2020 research and innovation programme, 2017-2020.

SOCLIMPACT est un projet qui a pour but de modéliser la réduction des effets du changement climatique et de leurs conséquences socio-économiques dans les îles européennes sur la période 2030-2100, d’évaluer la décarbonisation correspondante et les voies d’adaptation, de compléter les prévisions actuelles pour l’Europe, ainsi que d’enrichir les modèles économiques existants avec des évaluations non marchandes en améliorant la compréhension des conséquences du changement climatique sur les îles européennes, situées dans différentes régions du monde : en contribuant au perfectionnement de l’évaluation économique des effets climatiques ; en augmentant l’efficacité des modèles économiques des chaînes d’impacts climatiques grâce à la mise en place d’un cadre de travail méthodologique (GINFORS, GEM-E3 et des indicateurs non-marchands) ; en facilitant des prises de décision sur des politiques climatiques en faveur d’une croissance « verte », notamment en établissant un classement et une cartographie des stratégies d’atténuation et d’adaptation les plus appropriées ; et en fournissant des informations précises aux décideurs, professionnels et aux autres acteurs importants.

 

Contrats nationaux (ANR, PHRC, FUI, INCA, etc.) en tant que porteur

CESAR – Environnement côtier sous la pression des sargasses, ANR, 2020-2022.

Depuis 2011, les échouements de sargasses dans le bassin caribéen ont eu des conséquences environnementales, sanitaires, économiques et sociopolitiques importantes, accompagnées d’un impact majeur sur le tourisme. Jusqu’à présent, les recherches tendent à confirmer l’existence d’un nouvel écosystème soumis au mouvement des masses d’eau à travers l’Atlantique équatorial. Le phénomène s’est produit en 2011 et sur la période 2012-2019, accompagné d’une augmentation de la biomasse en sargasses. L’imagerie satellitaire est utilisée pour détecter les radeaux de sargasses dans l’Atlantique équatorial à moyenne résolution. Les données sur les courants océaniques de surface pour la même zone sont utilisées pour déduire la dérive passive annuelle des radeaux. La combinaison de ces deux sources de données a permis de concevoir des outils de prévision approximative à grande échelle, qui sont cependant difficiles à exploiter à l’échelle des zones côtières insulaires. Ce contexte rend plus difficile la gestion des afflux de sargasses. Le programme CESAR décrira et expliquera la dynamique des flux côtiers de sargasses à l’échelle spatiale locale, leurs impacts sur les côtes caribéennes et les différentes voies explorées par les institutions politiques pour aborder cette question environnementale. Cela implique d’améliorer les connaissances sur les paramètres de forçage locaux et la dynamique sargasses dans les Petites Antilles. CESAR travaillera également sur les causes possibles de l’augmentation de sargasses dans le contexte amazonien, en fournissant des systèmes opérationnels pour préparer les communautés et les gouvernements à atténuer ce problème.

 

TEIPOG – La Transition Écologique des Infrastructures POrtuaires de Guadeloupe : gouvernance, demandes sociales et (re)connexions territoriales, Labex DRIIHM/OHM Littoral Caraïbe, 2020-2021.

Cette recherche a pour objet de travailler sur les dynamiques de gouvernance de la transition écologique du Grand Port Maritime (GPM) de Guadeloupe et d’en étudier les impacts sur la (re)définition des relations urbano-portuaires territoriales. En revenant sur les processus de mise en problème des impacts environnementaux dans la gouvernance du port et leurs effets concrets sur les pratiques des acteurs opérant autour de celui-ci, le projet tentera de révéler empiriquement l’articulation entre normes environnementales internationales, action publique territoriale et demandes sociétales locales. L’objectif est de mesurer et qualifier ce que le territoire fait à une infrastructure portuaire tournée vers des flux et des enjeux globalisés ou si, au contraire, cette infrastructure portuaire globalisée reste étanche au contexte portuaire local. Nous ciblerons trois types d’effets de l’activité portuaire : changement climatique et qualité de l’air, infrastructures portuaires et interfaces urbaines, impacts environnementaux et protection des milieux. Basée sur une méthodologie qualitative et une recherche de terrain à plusieurs échelles (intercommunale, nationale, européenne), cette enquête visera à retracer la dynamique de l’écologisation de la gouvernance locale du GPM de Guadeloupe en mettant en lumière les conflits et coopérations à l’œuvre entre une pluralité d’acteurs publics et privés dotés de ressources asymétriques, et leurs effets aux interfaces du port.

 

Étude de réseau structurale : la controverse du dragage portuaire dans le Petit Cul-de-sac marin (2010-2015), Labex DRIIHM/OHM Littoral Caraïbe, 2018-2019.

Le projet vise à observer le jeu d’acteurs tel qu’il se déploie à l’occasion des opérations de dragage dans le Petit Cul-de-sac marin, dans la perspective des travaux d’extension du terminal de Jarry du Grand Port Maritime de Guadeloupe, événement fondateur de l’OHM Port Caraïbe. Observer le système relationnel qui se met en place à l’occasion d’une controverse d’aménagement procède d’une analyse du processus décisionnel et revient à comprendre le jeu de forces à l’œuvre dans la mécanique de production d’un territoire et de son évolution potentielle. L’ambition méthodologique du projet repose sur la mise en œuvre d’une analyse des réseaux sociaux. Il s’agit d’inventorier l’ensemble des acteurs ayant pris position à l’occasion de la controverse et de qualifier la nature des liens tissés entre eux, qu’elle soit conflictuelle ou collaborative. L’objectif principal de la démarche est de déterminer les coalitions à l’œuvre et les arguments déployés par les différentes parties prenantes et ce, afin de saisir comment se construit, ou non, une acceptabilité sociale dans le contexte des aménagements portuaires. L’ambition théorique est de contribuer, dans le cadre de l’OHM, à l’élaboration interdisciplinaire d’une écologie humaine des espaces portuaires.

 

Contrats nationaux (ANR, PHRC, FUI, INCA, etc.) en tant que partenaire

Gestion intégrée de la biodiversité et des pollutions et connectivités socio-écologiques à l’échelle des bassins-versants maritimes insulaires tropicaux en Martinique, Fondation de France, 2020-2022.

L’objectif du projet est de développer et de mettre en œuvre une méthode d’analyse de la connectivité entre les sociétés et les écosystèmes aquatiques dans les petits bassin-versants maritimes insulaires tropicaux. Il s’intéresse plus particulièrement aux connectivités liées aux enjeux de biodiversité et de pollution. Au niveau scientifique, l’enjeu est d’identifier, de caractériser et de spatialiser les connectivités socio-écologiques, qu’elles soient physiques – fréquentation et pratiques des milieux – ou mentales – représentations et savoirs sur les milieux et les flux qui les gouvernent. Il s’agit ainsi de confronter empiriquement cette notion de connectivité socio-écologique et d’évaluer sa portée heuristique d’un point de vue interdisciplinaire. L’ambition est à terme de proposer, à travers le concept de connectivités socio-écologique, une nouvelle approche pour caractériser les interactions entre les sociétés et les écosystèmes, plus directement liée au fonctionnement des écosystèmes. Les flux et les trajectoires ne sont dès lors plus seulement appréhendés d’un point de vue écologique. Ils sont considérés comme des objets à l’interface des écosystèmes et des sociétés, puisqu’ils sont à la fois objets de représentations et de savoirs, et susceptibles d’influencer les pratiques sociales. En cela, cette nouvelle approche théorique devrait permettre d’apporter de nouveaux leviers d’action intéressants pour la gestion. Au niveau opérationnel, l’enjeu est d’améliorer l’élaboration et la mise en œuvre des démarches de gestion par la prise en compte des connectivités socio-écologiques. Cela passe d’abord par l’identification à l'échelle des bassins-versants des lieux de pratiques et des motivations de ces pratiques afin de mieux les accompagner. Le projet doit ensuite promouvoir l'engagement des habitants dans les démarches participatives de gestion par la valorisation de leurs pratiques et de leurs savoirs. Il permet également d’engager avec les acteurs des territoires une réflexion sur les différentes formes de savoirs et sur l’intérêt de leur articulation. Enfin, le projet doit apporter des connaissances à partir desquelles développer, notamment auprès des scolaires, des démarches de sensibilisation et d’éducation environnementale, notamment sur les enjeux de biodiversité et de pollutions.

 

INTEERFACE – Les investisseurs publics face à la Transition Écologique et Énergétique en région : une approche « par le bas » des circuits financiers, ADEME, 2019-2021.

Pour combler le déficit de financements en faveur de la transition écologique et énergétique (TEE), les institutions financières publiques françaises, à commencer par les groupes Agences françaises de développement et Caisse des dépôts, ont accru leur effort depuis 2015. Pourtant, cette offre des investisseurs publics peine souvent à rencontrer une demande dans les territoires. Tandis que la littérature existante sur la finance-climat s’est principalement penchée sur les limites au financement de la TEE du côté de l’offre, nous postulons que les blocages sont davantage à rechercher dans l’intermédiation défaillante entre l’offre et la demande de financements, entre investisseurs (publics) et « investis ».  Pour tester cette hypothèse, notre projet traite la problématique suivante : quelles sont les conditions de rencontre et d’articulation efficaces entre l’offre des investisseurs publics pour la TEE d’une part, la demande de financement émanant des territoires d’autre part ? Nous analyserons les conditions de (non) rencontre entre les investisseurs et les investis à travers le processus de construction et de régulation des circuits financiers publics dédiés à la TEE. Un circuit financier repose sur l’enchâssement d’échanges stabilisés et d’interdépendances entre une pluralité d’acteurs insérée dans des territoires et des champs professionnels multiples et dispersés en vue de valoriser le capital à partir d’un sous-jacent spécifique. Cette approche par les circuits financiers permet alors de décrypter et de comprendre les relations sociales sous-jacentes à la circulation du capital. Notre étude se focalise sur les régions Occitanie et Guadeloupe. Toutes deux affichent des objectifs en matière de TEE particulièrement élevés : la première ambitionne de devenir la première région européenne à « énergie positive », tandis que la seconde vise l’autonomie énergétique à l’horizon 2030. En comparant comment la finance climat « atterrit » différemment dans ces deux régions contrastées, nous testerons et affinerons l’hypothèse de la coupure aux territoires des investisseurs publics. Pour analyser la « tuyauterie » des circuits financiers publics pour la TEE, nous adopterons une « approche par le bas » en partant des projets de TEE observables dans nos deux régions d’étude. Pour cela, nous mobiliserons à la fois des méthodes quantitatives (analyse statistique multidimensionnelle) pour cartographier, quantifier et classer les circuits existants dans les régions, des techniques d’enquête qualitative (entretiens, observations) pour étudier les mécanismes qui permettent ou entravent la construction et la régulation de ces circuits, et des outils participatifs (ateliers de travail) pour formuler des recommandations pour et avec les parties-prenantes.

 

TRAFIC – TRAnsport maritime, Fréquentations portuaires et Inégalités environnementales dans la Caraïbe, Fondation de France, 2019-2021.

La mise en place, en 2007, d’un système de surveillance maritime via l’obligation faite aux navires de fournir des données AIS (Automatic Identification System) autorise un changement de paradigme dans les approches scientifiques de la maritimisation du monde. Jusqu’alors, le fait maritime ne pouvait s’apprécier qu’à l’aune des touchées portuaires et des activités qui s’y déroulaient. Avec l’AIS, qui nous livre des informations à haute fréquence et en temps réel sur les positions, et de fait les itinéraires, de l’ensemble des navires en circulation dans le monde, la trace maritime du navire n’est plus une inconnue et permet le développement de problématiques nouvelles, comme celles de la fréquentation, des densités de trafics, de risque ou tout simplement d’usage de l’espace maritime. Or, depuis la mise en œuvre de la convention de Montego Bay et la montée en puissance des problématiques environnementales, le monde connaît un processus particulièrement actif de territorialisation des espaces maritimes. Le projet TRAFIC propose une recherche fondée sur le recours à la traçabilité AIS pour mieux comprendre les interactions entre navigation maritime et environnement, à deux échelles complémentaires, celle des espaces marins parcourus et celle des espaces portuaires fréquentés.

 

TYPOCLIMTYPOlogie et évaluation des instruments politiques d’adaptation de l’agriculture au changement CLIMatique, MUSE, 2018-2022.

À partir d’une cartographie des instruments d’adaptation de l’agriculture au changement climatique, réalisée sur huit terrains d’études dans des pays du Sud (Afrique du Sud, Sénégal, Brésil, Colombie) et du Nord (Catalogne-Espagne, Californie-États-Unis, Occitanie-France, Guadeloupe-France) et plusieurs filières agricoles (vin, horticulture et maraichage), elles-mêmes soumises à des chocs climatiques différents (irrégularité des saisons de croissance, excès de chaleur, manque d’eau), le projet TYPOCLIM se donne pour objectif de construire une typologie extensive de ces instruments, puis d’évaluer la gouvernance de ces instruments ainsi que leurs impacts économiques et environnementaux.

 

TIREX – Transfert des apprentIssages de Retours d’EXpériences scientifiques pour le renforcement des capacités de réponse et d’adaptation individuelles et collectives dans un contexte de changement climatique, saison cyclonique 2017 - Petites Antilles, ANR, 2018-2021.

Le projet TIREX part d’un constat, celui de l’absence de transfert de connaissances acquises lors d’un précédent projet de cette nature financé suite au cyclone Lenny (1999) sur les Petites Antilles du Nord. Il répond ainsi, d’une part à une demande scientifique visant à mieux comprendre les mécanismes et facteurs de production d’une catastrophe sur des territoires insulaires ultrapériphériques marqués par de fortes disparités socio-économiques, et d’autre part à une demande sociétale et institutionnelle d’apprentissage des leçons d’une telle catastrophe pour anticiper l’adaptation aux effets de futurs épisodes climatiques extrêmes comparables à ceux de la saison cyclonique 2017 aux Petites Antilles. Se pose alors la question des conditions et modalités de transfert de ces apprentissages scientifiques vers les décideurs et les populations, également associés à la production de ces connaissances, tout en cherchant à garantir la conservation de ces savoirs sur le long terme au moyen de supports intelligibles et accessibles. Le LC2S, fin connaisseur du contexte politique, juridique et culturel antillais, assure dans ce projet l’accompagnement scientifique local par une approche réflexive du « retour d’expérience » (RETEX), en vue de faciliter la concertation avec les collectivités et les populations.

 

ARTIMIX – ARTIculer les combinaisons de politiques entre échelles et secteurs pour faire face aux enjeux d’adaptation au changement climatique dans les territoires vulnérables d’agriculture tropicale, ANR, 2017-2020.

Le projet ARTIMIX vise à déterminer les conditions de succès pour la conception et la mise en œuvre de combinaison d’instruments de politique (policy mix) pour favoriser l’adaptation au changement climatique dans des territoires agricoles tropicaux vulnérables de Guadeloupe et Martinique, du Brésil et de Colombie. Ses objectifs sont : 1/ analyser les concepts abordant l’adaptation en agriculture (agroécologie, agriculture climato-intelligente, adaptation basée sur les écosystèmes) et la façon dont ils sont pris en compte dans les politiques d’adaptation au changement climatique ; 2/ identifier les facteurs favorisant ou limitant leur mise en œuvre en considérant leurs coordinations avec les politiques sectorielles ; 3/ caractériser la façon dont les policy mix actuels affectent les pratiques des agriculteurs et leurs résultats socio-économiques et environnementaux.

 

FUSEAU – Le Foncier et ses Usages comme Socle de la construction collective de la protection des ressources et des miliEux AquatiqUes, Irstea/AFB, 2018-2020.

FUSEAU est un projet de recherche et développement coordonné par Irstea et l’AFB, portant sur la construction collective d’actions foncières visant la protection des milieux aquatiques, dans la perspective d’une gouvernance intégrée, à l’échelle des territoires. Ce projet réunit un consortium composé de 17 chercheurs relevant d’équipes de recherche en France hexagonale et d’outre-mer. Il s’agit d’un projet interdisciplinaire en sciences humaines et sociales, impliquant quatre disciplines : droit, science politique, économie, géographie-aménagement. L’objectif du projet est de mieux comprendre, à partir du concept de « dispositifs fonciers », les mécanismes juridiques et institutionnels s’appliquant à l’exercice des droits-usages du foncier, pour mieux articuler les enjeux de la protection des milieux et ressources en eau, avec les autres enjeux des territoires. Il s’appuie sur l’observation et l’analyse des actions foncières en-train-de-se-faire à l’échelle de trois terrains d’investigations pour les études cas, afin de : 1/ tirer des enseignements transversaux de la diversité des problématiques (entretenir et restaurer les zones humides, protéger les aires d’alimentation des captages, préserver la mobilité des fleuves) de la protection des milieux aquatiques ; 2/ identifier les facteurs de succès comme les facteurs d’échecs des stratégies foncières engagées actuellement ; 3/ traiter les différents aspects de cette construction collective : juridiques, socio-économiques, spatiales, politiques et institutionnelles. Les connaissances produites devraient apporter des éclairages opérationnels pour certaines interrogations des gestionnaires telles les « pratiques » à éviter/à privilégier lors de l’élaboration de projet foncier, ou encore les outils et les modes de coordination à privilégier dans la perspective d’une gouvernance foncière intégrée.

 

TERRIMAR – TERRItoires et acteurs au prisme des aires MARines protégées, Fondation de France, 2016-2018.

Le projet TERRIMAR se propose d’analyser la phase de concertation réalisée par l’Agence des aires marines protégées dans le cadre de la création du Parc naturel marin de Martinique. Cette phase de concertation, lancée par la mission d’étude du parc, est une opportunité pour mettre en perspective les éléments qui relèvent de la connaissance spécifique des écosystèmes marins, de la société et de l’interface littorale. Elle permet aussi d’analyser les formes de la concertation et de questionner les processus participatifs qu’elles sous-tendent. Ces processus génèrent d’importants flux d’informations, scientifiques, règlementaires, vernaculaires, etc. L’objectif est de s’interroger sur le statut de l’information et de sa circulation dans les processus participatifs et d’identifier les mécanismes de sa transformation. Il est aussi d’analyser et de comprendre le rôle de l’information dans les processus d’inclusion, de marginalisation ou d’auto-exclusion des lieux de concertation. Les missionnaires ont ainsi identifié trois problématiques (concertation, gestion du risque, conservation) reliées à trois secteurs emblématiques (pêche, espèces proliférantes, mouvements associatifs) qui permettront de comprendre, in fine, la grande diversité des modalités de participation : inclusion active, inclusion inactive, marginalisation, auto-exclusion ; et ainsi d’améliorer les méthodologies de concertation dans la construction d’outils de gestion territoriale.

 

BIOGESTER – BIOdiversité, GEStion et TERritoires, CPER, 2015-2020.

Le projet BIOGESTER ambitionne d’apporter une solution alternative aux enjeux de l’interdisciplinarité en réduisant l’étanchéité entre les frontières disciplinaires des sciences et technologies, des sciences du vivant et de l’environnement, ainsi que des sciences humaines et sociales. BIOGESTER vise à répondre aux enjeux de gestion des échelles d’intégration génétiques, taxinomiques et paysagères de la biodiversité en s’intéressant plus particulièrement aux socio-écosystèmes de la Martinique. Le problème posé est celui de la gestion intégrée des territoires conciliant la conservation des enjeux de la biodiversité mondiale et le développement économique local. La dimension fédératrice du projet consiste à mettre en place une infrastructure sécurisée de sauvegarde, de stockage, de partage et de traitement de données sur la génétique d’organismes, l’écologie de taxa et les services écosystémiques littoraux et marins. Les trois bases de données sont constituées à partir des sources d’information suivantes : le séquençage et le profilage génétiques, les savoirs experts et profanes, les informations géographiques (images satellites, SIG, modèles numériques de terrain, etc.).

 

Contrats financés dans le cadre du PIA en tant que porteur

GEOLAW – GIS modeling of spatial tensions for biodiversity conservation in the Brazilian Amazonia, Labex CEBA, 2019-2020.

La mise en œuvre des politiques de conservation de la biodiversité en Amazonie brésilienne n’a pas toujours été confrontée à des parties prenantes en conflit et des stratégies de conservation ascendantes. Historiquement, les programmes environnementaux et de développement décidés au niveau national ont eu pour conséquence la perte de biodiversité, associée à des violations des droits de l’homme des populations locales. Les productions scientifiques liées à l’aménagement du territoire au Brésil suggèrent que l’absence de références géographiques coordonnées à un aménagement global du territoire dans la fédération brésilienne entraîne des tensions spatiales qui affectent négativement les politiques de conservation de la biodiversité. L’objectif principal de ce projet est d’analyser les interactions entre « société » et « écosystème » afin de promouvoir une gestion conjointe tenant compte du contexte des systèmes socio-écologiques (SES). Les chercheurs testeront l’hypothèse d’une « politique de déréglementation » en utilisant les cas de superposition spatiale et l’agrégation de différents produits géographiques pour la planification de l’utilisation des terres dans l’État du Pará au Brésil. L’approche privilégie les relations interdisciplinaires entre droit et géomatique. La base de la méthodologie est l’analyse transversale des deux domaines d’étude en utilisant des techniques d’interprétation juridique, géomatique et géostatistique. Le programme de recherche comporte quatre tâches. Premièrement, les chercheurs organiseront des tableaux avec les règles d’occupation des différentes catégories d’utilisation des terres existantes dans l’État du Pará. Deuxièmement, nous identifierons les zones de superposition et les agrégations géographiques. Troisièmement, nous concevrons la métrologie des incertitudes géographiques en utilisant la géomatique, leur localisation et leurs attributs. Enfin, nous utiliserons la modélisation géographique des tensions spatiales concernant la conservation de la biodiversité dans l’État du Pará.

 

REKABIOS – Regime of Knowledge for Amazonian BIOdiverSity, Labex CEBA, 2016-2018.

Le projet stratégique REKABIOS porte sur la mise au jour et l’étude du régime de production, de régulation et d’appropriation des savoirs de la biodiversité amazonienne, à partir d'enquêtes de terrain approfondies dans deux pays du Plateau des Guyanes : la Guyane française et le Nord du Brésil (Amapá, Pará). La notion de régime des savoirs invite à souligner l’existence de liens étroits entre modes de connaissance (notions d’objectivité et plus largement de « l’autre », outils et normes de preuve, formes de validation, hiérarchie des disciplines, etc.) et modes de gouvernance (hiérarchie des valeurs, règles de propriété, formes de gouvernement, rôle des pouvoirs publics, etc.). L’élucidation de ce régime dans le cas de la biodiversité amazonienne entend répondre à une question qui peut dès lors se résumer ainsi : quels savoirs pour quelles politiques ? Pour répondre à cette question, le projet formule l’hypothèse d’une pluralité de registres épistémiques relatifs au régime des savoirs de la biodiversité amazonienne : académiques, traditionnels et de gouvernement. Dans cette optique, plusieurs types de savoirs correspondant à différents outils de gouvernement sont étudiés : aires protégées (zonage, réglementation, paiement pour service environnemental), valorisation de la biodiversité (réglementation, convention internationale, accès et partage des avantages), compensation (ingénierie écologique, réserve de biens naturels, certificat de quotas de réserves environnementales). Pour mettre en œuvre cette approche, le projet s’appuie sur des partenariats français et étrangers construits autour d’une équipe de recherche interdisciplinaire capable d’appréhender dans leur complexité les différents registres épistémiques impliqués dans le régime des savoirs de la biodiversité amazonienne. À ce titre, le projet entend répondre à des questions essentielles tant pour ceux qui étudient la biodiversité que pour ceux qui l’utilisent et l’administrent. En se focalisant sur les liens entre modes de connaissance et modes de gouvernance de la biodiversité amazonienne, le projet entend ainsi apporter une contribution à l’expertise des parties prenantes en vue de les soutenir dans la mise en œuvre des politiques de conservation et de gestion des aires protégées, l’évaluation et la régulation de l’accès aux ressources génétiques selon un partage juste et équitable des bénéfices découlant de leur utilisation, la définition d’une norme de compensation environnementale en relation avec une utilisation durable des ressources naturelles.

 

ABIOS – Amazonian BIOdiversity in Society, Labex CEBA, 2013-2015.

Le projet stratégique ABIOS vise à créer une communauté active de chercheurs en sciences humaines et sociales, en interaction avec les volets naturalistes du CEBA, à développer et à financer des études dans des domaines représentatifs des différentes acceptions du concept de biodiversité en Guyane française. Pour une approche naturaliste, la biodiversité guyanaise est exceptionnelle et relativement bien conservée. Cependant, la Guyane française est également confrontée à d’importants changements démographiques, économiques, urbains, agricoles et climatiques, qui nécessitent l’élaboration d’un ensemble de réponses institutionnelles pour la gestion durable de ses ressources naturelles. Dans ce contexte, il est important de comprendre comment et pourquoi la biodiversité est mobilisée afin d’atteindre des objectifs politiques, juridiques et économiques, quelles sont les représentations et les données requises, quels sont les modes de gestion privilégiés, comment les résultats de la recherche scientifique sont interprétés et utilisés. Pour répondre à ces questions, l’équipe constituée autour du projet ABIOS développe un programme de recherche ambitieux et innovant qui prend en compte la pluralité des représentations attachées à la biodiversité guyanaise et à ses modes de gestion : qu’elle soit considérée comme source de contraintes (oppositions aux parcs ou à l’encadrement de la bioprospection) ou comme vecteur d’opportunités de développement (espoirs placés dans les ressources génétiques et les marchés du carbone, par exemple). Dans cette optique, la méthodologie retenue se veut résolument interdisciplinaire, comparative et transférable à d’autres territoires ou espaces régionaux. Plus largement, la création du CEBA offre aux sciences humaines et sociales l’opportunité de créer une communauté scientifique de rang international, capable d’apporter un éclairage et des clés concrètes de compréhension des défis posés par les changements globaux que connaît aujourd’hui la Guyane française. Par ce biais, le projet ABIOS vise également à intégrer l’expertise des parties prenantes afin de soutenir, entre autres, la mise en œuvre de l’APA (accès et partage des avantages), la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+), la gestion des aires protégées et des ressources naturelles, la planification des politiques publiques ou les priorités de soutien à la recherche.

 

Contrats avec les collectivités territoriales en tant que porteur

DISC – DIpositif de Suivi des Changements socioécologiques sur la Réserve naturelle nationale de la Caravelle, Contrat de collaboration de recherche, 2015-2018.

Dans le cadre de son plan de gestion 2014-2018 de la Réserve Naturelle nationale de la presqu’île de la Caravelle (RNNC), le syndicat mixte du Parc naturel de Martinique (PNM) s’est fixé pour objectif de maintenir les populations d’oiseaux endémiques et remarquables qui fréquentent ce site. Les actions de conservation du Moqueur gorge-blanche (Ramphocinclus brachyurus brachyurus) et de son habitat sont déclinées en trois objectifs opérationnels : la connaissance des populations, la réduction du dérangement et la restauration des espaces d’alimentation. L’équipe BEST du LC2S et la Direction de la protection et de l’aménagement du territoire du PNM collaborent à la mise en œuvre de dispositifs scientifiques fiables, efficients, efficaces, reproductibles et pérennes qui permettraient de fournir des données sur les variations inter- et intra-annuelles de l’état de la végétation, des usages et de la Gorge-blanche dans la RNNC. Ces dispositifs se veulent à la frontière des attentes du gestionnaire, des sciences académiques et des sciences participatives, en congruence avec le concept de « forum hybride » dans lequel des mondes aux préoccupations aussi différentes que complémentaires se rencontrent et se fécondent mutuellement en vue de produire de véritables changements de paradigmes. Pour répondre à cette ambition, le contrat de collaboration de recherche entend fournir une méthode de suivi des variations inter- et intra-annuelle des changements socio-écologiques mis en œuvre pour l’étude et le suivi de trois objets : la végétation en termes d’habitat de la Gorge-blanche, les usages en termes de dérangements pour la Gorge-blanche, les populations en termes d’effectifs.

 

Contrats avec les collectivités territoriales en tant que partenaire

Convention relative à la réalisation de travaux de légistique et de codification dans le cadre de l’élaboration du code de l’environnement de la province des îles Loyauté de Nouvelle-Calédonie, Province des Îles Loyauté (Nouvelle-Calédonie), 2016-2019, prolongation pour l’année 2020.

La province des Îles Loyauté a entamé en 2014 une démarche pour se doter d’un code de l’environnement. Suite à l’adoption de plusieurs délibérations depuis 2016, une première version du Code a été publiée en 2019. La Convention a pour objet de s’inscrire dans la continuité du travail déjà réalisé en assistant les services provinciaux dans la rédaction de nouvelles délibérations pour compléter le Code pour un achèvement complet prévu en 2021. Le plan de travail pour l’année 2020 prévoit la rédaction de quatre délibérations : accès à la nature, prévention des risques naturels, évaluation environnementale, pollutions marines.