SÉMINAIRE DE RECHERCHE

17 avril 2022 par D.Bechacq
FRACA

L'équipe FRACA a le plaisir de vous inviter à la présentation de la recherche d'Émilie STOLL intitulée "De Mogador à Santarém-do-Pará (1840 – 2017). Trajectoires sociales et spatiales des descendants d’un Juif marocain en Amazonie" qui aura lieu le vendredi 29 avril de 14h à 16h (heure Antilles).

Réservation obligatoire sur fraca.lc2s@gmail.com 

Lien Zoom : https://cnrs.zoom.us/j/92244135847?pwd=RFo2aG5tdENFOVNITG9uc2oxa3g4QT09

ID de réunion : 922 4413 5847 / Code secret : 2jGBnz

Comment peut-on prétendre être à la fois Amérindien et d'origine marocaine ? Comment est-il possible de produire une analyse anthropologique de la labilité identitaire dans des contextes politiques et juridiques façonnés par le multiculturalisme ? Au cours de mon travail de terrain dans des villages indigènes de la Basse Amazonie, au Brésil, j'ai été confronté à une situation assez inattendue dans laquelle mes interlocuteurs affirmaient que certains de leurs ancêtres étaient des immigrés. Leur récit commence par la référence à un lieu exogène, puis est suivi de la description d'un homme migrant qui a épousé une femme locale et a fondé la « famille » dont on trouve les ramifications le long du fleuve. Parmi ces descendants qui se réclament d’un même fondateur, certains s’identifient aujourd’hui comme peuples autochtones. L'origine exogène à laquelle ils souscrivent éclaire les dispositions sociales actuelles, telles que le phénotype (ex. indigène à peau « blanche ») et un éventail de compétences (ex. capacités techniques) et de positions relationnelles (ex. « Indiens », « Noirs », « Grand blanc »). Ces populations amazoniennes remettent ainsi en cause la dichotomie traditionnelle entre allochtonie versus autochtonie. Leurs revendications identitaires sont justifiées par des récits sur une autochtonisation (going native) selon plusieurs temporalités. Cette ethnographie de la transmission s’inscrit dans les récents travaux sur les labilités identitaires dans les pays multiculturels.

Émilie STOLL est anthropologue, chargée de recherche au CNRS, au sein du Laboratoire Caribéen de Sciences Sociales. Ses recherches portent sur les sociétés de basse Amazonie brésilienne, dans l’État du Para, avec lesquelles elle s'interroge sur les questions de transmission en étudiant les trajectoires sociales et spatiales de familles sur plusieurs générations. Elle développe notamment deux axes de discussion sur l'ancrage territorial et sur les positionnements identitaires labiles de ces familles.

Programme : http://lc2s.cnrs.fr/wp-content/uploads/2022/04/Séminaire-FRACA-29-avril-22-Stoll.pdf

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